Voilà, c’est reparti.
Trente mètres avant d’arriver, j’ai ralenti le pas. Les rues de la zone industrielle étaient encore vides à cette heure là. Les bâtiments de MM, la MMaison comme certains l’appellent, se distinguaient toujours des immeubles voisins par ses formes bizarres, son architecture éclatée. Moi, j'y vois une immense boursoufflure de verre et d’acier au milieu des blocs uniformes. C'est comme avec les nuages des amoureux, chacun peut y voir ce qu’il veut. Une fleur mutante poussant sur le béton, l’organe devenu autonome de quelque géant disparu, le palais buggé d’une lignée de rois timbrés… enfin… ce qu’on veut. Une chose de sûre, MM n’a pas disparu à la suite d’une explosion atomique, d’une faille spatio-temporelle, d’une délocalisation sauvage…
De loin, je pouvais voir les grilles ouvertes, les voitures garées entre les lignes jaunes, la porte de l’entrepôt levée, et dans son cadre, un collègue passant gobelet à la main. J’ai ralenti encore.
J’étais presque immobile quand le prof MacGuffin me doubla en klaxonnant.
-Content de te revoir Mathieu, dit-il par la fenêtre de sa caisse. Puisse cette nouvelle année te voir évoluer.
Je le saluais de la main et lâchais : Â toute de suite.
On s’est tous dit qu’on était content de se revoir, serrés autour de la machine à café. On a cité des pays dans lesquels on avait bien profiter : Espagne, Maroc, Thaïlande, Etats-Unis, Turquie, Italie… Ceux qui ne citaient pas de pays écoutaient les autres.
...
Bis répétita placent.
Le silence régnait dans l'entrepot, mais régnait vraiment, comme un roi sur son trône. Dans l'entrepot et au delà, dans les bureaux, aux étages supérieurs ( je le tiens de source sûre.)
C'est qu'en deçà de notre silence, l'histoire ne cessait de s'écrire, tenace, comme un lierre acharné à manger son mur.
C'est qu'il y avait eu des livraisons dehors (toujours mystérieuses) et dedans (des palettes de cartons lourds sans identifiants). L'entrepot s'était rempli, vidé, rempli, vidé.
C'est qu'on m'avait affirmé que les expériences suivaient leurs cours, qu'on avait jamais été aussi proche d'un résultat mais toujours sans nous dire lequel.
Pour aujourd'hui, c'était jour de grand vide.
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lundi 19 septembre 2011
lundi 6 septembre 2010
Rentrons, braves gens!
Voilà, c’est reparti.
Trente mètres avant d’arriver, j’ai ralenti le pas. Les rues de la zone industrielle étaient encore vides à cette heure là. Les bâtiments de MM, la MMaison comme certains l’appellent, se distinguaient toujours des immeubles voisins par ses formes bizarres, son architecture éclatée. Moi, j'y vois une immense boursoufflure de verre et d’acier au milieu des blocs uniformes. C'est comme avec les nuages des amoureux, chacun peut y voir ce qu’il veut. Une fleur mutante poussant sur le béton, l’organe devenu autonome de quelque géant disparu, le palais buggé d’une lignée de rois timbrés… enfin… ce qu’on veut. Une chose de sûre, MM n’a pas disparu à la suite d’une explosion atomique, d’une faille spatio-temporelle, d’une délocalisation sauvage…
De loin, je pouvais voir les grilles ouvertes, les voitures garées entre les lignes jaunes, la porte de l’entrepôt levée, et dans son cadre, un collègue passant gobelet à la main. J’ai ralenti encore.
J’étais presque immobile quand le prof MacGuffin me doubla en klaxonnant.
-Content de te revoir Mathieu, dit-il par la fenêtre de sa caisse. Puisse cette nouvelle année te voir évoluer.
Je le saluais de la main et lâchais : Â toute de suite.
On s’est tous dit qu’on était content de se revoir, serrés autour de la machine à café. On a cité des pays dans lesquels on avait bien profiter : Espagne, Maroc, Thaïlande, Etats-Unis, Turquie, Italie… Ceux qui ne citaient pas de pays écoutaient les autres.
Puis le groupe s’est éparpillé, chacun retrouvant son bureau. Il y aurait une réunion plus tard dans la matinée.
Sur mon bureau, s’accumulaient déjà une série d’enveloppes à livrer, grandes et petites, tamponnées urgent ou pas, des petites boites en plastique, étiquetées, marquées du double M. Voilà, c’était bien reparti.
Entre deux courses, j’ai croisé Manon, elle était toute bronzée et m’a parut s’être "calmée". L’effet du soleil ibérique ? Nous nous sommes salué de loin, pas plus. Les derniers épisodes de notre "relation" sont encore bien présent dans ma mémoire et il me faudra du temps pour pouvoir la regarder et lui parler sans penser à ce fameux petit mot… C’est surement débile, l’humour qu’on pratique à MM n’est pas le même que dans le reste du monde, faut croire. Ce serait pas étonnant. Ca doit être aussi simple que ça. Je ferais un effort.
La réunion a eu lieu dans les bureaux de MacGuffin. Par groupe de 5 ou 6. Il a parlé de communication, que MM passait à la vitesse supérieure, qu’il comptait sur chacun de nous pour donner le meilleur de lui même. Des banalités, rien de super précis, mais il l’a dit avec une telle passion que ca faisait presque flipper.
Heureusement j'avais à faire, je me suis éclipsé. Sans avoir besoin de revenir…
Trente mètres avant d’arriver, j’ai ralenti le pas. Les rues de la zone industrielle étaient encore vides à cette heure là. Les bâtiments de MM, la MMaison comme certains l’appellent, se distinguaient toujours des immeubles voisins par ses formes bizarres, son architecture éclatée. Moi, j'y vois une immense boursoufflure de verre et d’acier au milieu des blocs uniformes. C'est comme avec les nuages des amoureux, chacun peut y voir ce qu’il veut. Une fleur mutante poussant sur le béton, l’organe devenu autonome de quelque géant disparu, le palais buggé d’une lignée de rois timbrés… enfin… ce qu’on veut. Une chose de sûre, MM n’a pas disparu à la suite d’une explosion atomique, d’une faille spatio-temporelle, d’une délocalisation sauvage…
De loin, je pouvais voir les grilles ouvertes, les voitures garées entre les lignes jaunes, la porte de l’entrepôt levée, et dans son cadre, un collègue passant gobelet à la main. J’ai ralenti encore.
J’étais presque immobile quand le prof MacGuffin me doubla en klaxonnant.
-Content de te revoir Mathieu, dit-il par la fenêtre de sa caisse. Puisse cette nouvelle année te voir évoluer.
Je le saluais de la main et lâchais : Â toute de suite.
On s’est tous dit qu’on était content de se revoir, serrés autour de la machine à café. On a cité des pays dans lesquels on avait bien profiter : Espagne, Maroc, Thaïlande, Etats-Unis, Turquie, Italie… Ceux qui ne citaient pas de pays écoutaient les autres.
Puis le groupe s’est éparpillé, chacun retrouvant son bureau. Il y aurait une réunion plus tard dans la matinée.
Sur mon bureau, s’accumulaient déjà une série d’enveloppes à livrer, grandes et petites, tamponnées urgent ou pas, des petites boites en plastique, étiquetées, marquées du double M. Voilà, c’était bien reparti.
Entre deux courses, j’ai croisé Manon, elle était toute bronzée et m’a parut s’être "calmée". L’effet du soleil ibérique ? Nous nous sommes salué de loin, pas plus. Les derniers épisodes de notre "relation" sont encore bien présent dans ma mémoire et il me faudra du temps pour pouvoir la regarder et lui parler sans penser à ce fameux petit mot… C’est surement débile, l’humour qu’on pratique à MM n’est pas le même que dans le reste du monde, faut croire. Ce serait pas étonnant. Ca doit être aussi simple que ça. Je ferais un effort.
La réunion a eu lieu dans les bureaux de MacGuffin. Par groupe de 5 ou 6. Il a parlé de communication, que MM passait à la vitesse supérieure, qu’il comptait sur chacun de nous pour donner le meilleur de lui même. Des banalités, rien de super précis, mais il l’a dit avec une telle passion que ca faisait presque flipper.
Heureusement j'avais à faire, je me suis éclipsé. Sans avoir besoin de revenir…
lundi 12 juillet 2010
Ce que c'est de ne pas être au courant.
Putain j’en reviens pas… Je me pointe au boulot comme chaque matin, à moitié abruti, comme il se doit. Et je trouve les portes de la boite fermées… vraiment fermées… Après une minute incrédule je me décide à sonner malgré tout à l’interphone… les secondes passent… j’attends dans la chaleur, fumant ma clope, écoutant la bande son des matinées des zones industrielles, les camions à peine sortis du sommeil, le cuicui de la faune local.
Un crachouillis… Puis…
-Allo ?
-C’est Mathieu… Le coursier, je précise.
-Oui ?
-Allo ? C’est qui ?
-Mac ?
-Je peux rentrer ?
-Direction refus entrée sortie dans locaux Mutatis Mutandis. Désolation personnelle d’impossibilité répondre favorable en votre faveur.
Je connais Mac, je sais à quoi m’en tenir.
-C’est fermé ? C’est ça ?
-Opération repos prolongé. Cher collègue. La personne de moi même souhaite votre corps reprendre consistance adéquate nécessaire reprise optimum de votre mission pour retour de votre congé.
Je le laisse parler, ces phrases, si on peut les appeler comme ça, sont longues à venir. Mais en gros j’ai compris… C’est les vacances et personne n’a crut bon de me prévenir. Je tire une latte devant l’interphone et l’œil rond de la caméra de surveillance. J’hésite à continuer la « conversation »… La colère monte. Je fixe avec tout le mépris dont je me sens capable l’œilleton. Et imaginant qu’il puisse lire sur mes lèvres je prononce en articulant bien la pire des insultes qui me vient à l’esprit.
Je n’en veux pas à Mac, comment lui en vouloir ? Ca s’adresse aux autres, à tout les autres.
Je me casse.
Faudra que je m’excuse auprès de Mac après les vacances.
Un crachouillis… Puis…
-Allo ?
-C’est Mathieu… Le coursier, je précise.
-Oui ?
-Allo ? C’est qui ?
-Mac ?
-Je peux rentrer ?
-Direction refus entrée sortie dans locaux Mutatis Mutandis. Désolation personnelle d’impossibilité répondre favorable en votre faveur.
Je connais Mac, je sais à quoi m’en tenir.
-C’est fermé ? C’est ça ?
-Opération repos prolongé. Cher collègue. La personne de moi même souhaite votre corps reprendre consistance adéquate nécessaire reprise optimum de votre mission pour retour de votre congé.
Je le laisse parler, ces phrases, si on peut les appeler comme ça, sont longues à venir. Mais en gros j’ai compris… C’est les vacances et personne n’a crut bon de me prévenir. Je tire une latte devant l’interphone et l’œil rond de la caméra de surveillance. J’hésite à continuer la « conversation »… La colère monte. Je fixe avec tout le mépris dont je me sens capable l’œilleton. Et imaginant qu’il puisse lire sur mes lèvres je prononce en articulant bien la pire des insultes qui me vient à l’esprit.
Je n’en veux pas à Mac, comment lui en vouloir ? Ca s’adresse aux autres, à tout les autres.
Je me casse.
Faudra que je m’excuse auprès de Mac après les vacances.
mardi 6 juillet 2010
La tête dans le guidon…
J’ai été bien silencieux… c’est le boulot qui veut ça… les conditions de travail quoi… prendre du recul, c’est pas facile quand on se lève tôt, qu’on subit un taf dont on ne veut pas… Qu’on prend du temps rien qu'à s’en remettre. Physiquement, psychologiquement. Mais voilà… MM m’est tombé dessus… (comme je ne sais plus quoi sur je ne sais plus quoi…)
On dit que Kafka travaillait le jour pour écrire la nuit, subissait la routine d’un petit emploi pour « s’en évader » le soir venu. Qu’on dresse alors pour lui une statue, qu’on lui rende hommage chaque matin devant toutes les machines à café de nos chères entreprises… Que gloire soit rendue à ce héros du salariat.
J’ai continué mes courses, consciencieusement. Tenté de comprendre ce que l’on faisait ici. Ce que Mutatis avait dans le ventre, et dans le crâne. J’ai posé des questions à ceux à qui on pouvait posé des questions. Sans trop espérer de réponses… j’ai été servi.
L’agitation dont je parlais s’est poursuivie quelques semaines… Les cartons se sont accumulés à un tel point que ça devenait compliqué de se déplacer dans l’entrepôt sans cogner dedans et de risquer de les voir vous dégringoler sur la tête.
Puis un matin l’entrepôt était vide et les visites de nos mystérieux gars de l’extérieur se sont arrêtées comme elles avaient commencées, d’un coup, sans explication.
Avec les encouragements de Macguffin, ce qui m’a bien surpris, j’alimente mon blog avec mes Rues et le soir venu… je n’écris pas… je comate devant la télé. Ca donne mes Ecrans. Qui sait s'il en sortira quelque chose…
Maj:
Comment tu veux lire le Capital?
Comment tu veux lire tout Platon? Hegel? et tout les autres...
Comment tu veux comprendre qqchs à la théorie des cordes?
Comment tu veux ne pas mourir idiot?
On dit que Kafka travaillait le jour pour écrire la nuit, subissait la routine d’un petit emploi pour « s’en évader » le soir venu. Qu’on dresse alors pour lui une statue, qu’on lui rende hommage chaque matin devant toutes les machines à café de nos chères entreprises… Que gloire soit rendue à ce héros du salariat.
J’ai continué mes courses, consciencieusement. Tenté de comprendre ce que l’on faisait ici. Ce que Mutatis avait dans le ventre, et dans le crâne. J’ai posé des questions à ceux à qui on pouvait posé des questions. Sans trop espérer de réponses… j’ai été servi.
L’agitation dont je parlais s’est poursuivie quelques semaines… Les cartons se sont accumulés à un tel point que ça devenait compliqué de se déplacer dans l’entrepôt sans cogner dedans et de risquer de les voir vous dégringoler sur la tête.
Puis un matin l’entrepôt était vide et les visites de nos mystérieux gars de l’extérieur se sont arrêtées comme elles avaient commencées, d’un coup, sans explication.
Avec les encouragements de Macguffin, ce qui m’a bien surpris, j’alimente mon blog avec mes Rues et le soir venu… je n’écris pas… je comate devant la télé. Ca donne mes Ecrans. Qui sait s'il en sortira quelque chose…
Maj:
Comment tu veux lire le Capital?
Comment tu veux lire tout Platon? Hegel? et tout les autres...
Comment tu veux comprendre qqchs à la théorie des cordes?
Comment tu veux ne pas mourir idiot?
mercredi 26 mai 2010
NON! anniversaire!
Ca fait presque deux mois que je bosses pour MM maintenant et je n’ai toujours pas la moindre idée de ce que nous faisons ici. L’activité de chacun me semble réglée par une mystérieuse logique. Mêmes les répliques les plus banales ont des allures d’énigmes antiques. La machine à café fait office de caverne où tout le monde se la jouerait grande pythie.
Tout ce que je peux dire c’est que depuis une semaine ça s’agite… On voit passer des gens, des gens de l’extérieur. Qui restent ou pas, qui vous disent bonjour ou pas. Certains sont de MM, j’en suis sur, ça se devine. D’autres non, c’est sur aussi. J’en ai vu dormir dans l’entrepôt. Camper à même le sol. Ils sont discrets mais c’est la règle ici. Impossible de savoir ce qu’ils viennent faire. Il y a bien leurs cartons qui s’accumulent à droite à gauche et qui forment des pyramides, des murailles. Comme des rues, des boulevards de cartons beiges dans les allées du dépôt. Mais aucun n’a été déballé.
Et puis j’ai entendu dire que ça recruté. Pourquoi ? Dans quel but ?
De mon coté, les courses s’enchainent. Pris dans ce débile défilé des jours. Enveloppes, paquets, tampons et signatures. Sourires et feedbacks.
Tout ce que je peux dire c’est que depuis une semaine ça s’agite… On voit passer des gens, des gens de l’extérieur. Qui restent ou pas, qui vous disent bonjour ou pas. Certains sont de MM, j’en suis sur, ça se devine. D’autres non, c’est sur aussi. J’en ai vu dormir dans l’entrepôt. Camper à même le sol. Ils sont discrets mais c’est la règle ici. Impossible de savoir ce qu’ils viennent faire. Il y a bien leurs cartons qui s’accumulent à droite à gauche et qui forment des pyramides, des murailles. Comme des rues, des boulevards de cartons beiges dans les allées du dépôt. Mais aucun n’a été déballé.
Et puis j’ai entendu dire que ça recruté. Pourquoi ? Dans quel but ?
De mon coté, les courses s’enchainent. Pris dans ce débile défilé des jours. Enveloppes, paquets, tampons et signatures. Sourires et feedbacks.
mercredi 5 mai 2010
Instantané
-Bonjour (sourire).
-(sourire) Bonjour.
-J'ai un plis à vous remettre de la part de Mutatis Mutandis (monstration du plis en question).
-(réception) Merci.
-Au revoir (sourire).
-(sourire) Bonne journée.
...
-(sourire) Bonjour.
-J'ai un plis à vous remettre de la part de Mutatis Mutandis (monstration du plis en question).
-(réception) Merci.
-Au revoir (sourire).
-(sourire) Bonne journée.
...
lundi 3 mai 2010
Hors-champ
Aujourd’hui le «responsable» de la com de MM est venu me parler. Ca m’a surpris. Jusque là on en avait pas trop eu l’occasion. Il a gentiment joué de son violon culpabilité… Que je ne remplissais pas assez mon blog, qu’on comptait sur moi, que ça faisait partie des priorités de mon taf. Les critiques sont allés crescendo. Au bout d’un moment, j’ai décroché. J’ai pris sur moi… j’avais bien envie de lui dire que je postais mes montages photos, que ça me paraissait honorable… Mais j’ai pris sur moi… J’ai fermé ma gueule.
Tout ça pour dire que je m’y fais toujours pas. Que j’ai même envie de tous les buter. Que j’en aurais envie si… que je le ferais si... si j’étais un dingue. Un vrai de vrai. De ceux qui ne s’embarrassent pas des conventions sociales et qui tranchent dans le tas. Je me contente de les fusiller du regard. C’est mon maximum de psychopathie. Heureusement c’est bien suffisant pour passer pour un fou.
Tout ça pour dire que je m’y fais toujours pas. Que j’ai même envie de tous les buter. Que j’en aurais envie si… que je le ferais si... si j’étais un dingue. Un vrai de vrai. De ceux qui ne s’embarrassent pas des conventions sociales et qui tranchent dans le tas. Je me contente de les fusiller du regard. C’est mon maximum de psychopathie. Heureusement c’est bien suffisant pour passer pour un fou.
vendredi 16 avril 2010
mardi 13 avril 2010
breaking news
J’ai toujours pas croisé le patron. Juste entendu parler. Et tous le font avec un respect à la limite de la dévotion. On l’appelle Monsieur, sans préciser quoi ou qui ? On dit il ou le chef ou on dit rien. On laisse son nom en suspens. Ca fait un grand vide dans la discussion. Un truc qui plane au dessus de tous. J’ai pas compris encore s’il est ici. Dans les locaux de MM. Ou ailleurs. Va savoir où ?
Celui qui me tient lieu de patron c’est MacGuffin. Le professeur MacGuffin. Attention ! C’est à lui que je rends des comptes. C’est lui qui me casses les couilles en gros. Et s’il lit ces lignes, si tu lis ces lignes, je confirme. Je t’en tiens pas rigueur. C’est un fait.
Puis y a Manon. Depuis son fameux petit mot, j’ose plus lui dire bonjour. Et si je suis au pied du mur, si le couloir est trop petit pour que je l’évite, ou si je me retrouve seul a seul avec elle à la machine à café, je la salue en baissant la tête ou en lui souriant trop franchement, un peu sexuellement peut être, faut l’avouer. De toute façon ca revient au même. Je suis gêné quoi.
Celui qui me tient lieu de patron c’est MacGuffin. Le professeur MacGuffin. Attention ! C’est à lui que je rends des comptes. C’est lui qui me casses les couilles en gros. Et s’il lit ces lignes, si tu lis ces lignes, je confirme. Je t’en tiens pas rigueur. C’est un fait.
Puis y a Manon. Depuis son fameux petit mot, j’ose plus lui dire bonjour. Et si je suis au pied du mur, si le couloir est trop petit pour que je l’évite, ou si je me retrouve seul a seul avec elle à la machine à café, je la salue en baissant la tête ou en lui souriant trop franchement, un peu sexuellement peut être, faut l’avouer. De toute façon ca revient au même. Je suis gêné quoi.
jeudi 8 avril 2010
Je fais le gros dos...
Et je serres les dents.
Je m'imagines en coursier cartésien (vous savez... le truc des automates qui passent à la fenêtre) et je me dis alors: "c'est quand même super bien fait!"
Les perspectives, les faces et leur animations, le déhanché des démarches, toutes ces infos distillées à la nanoseconde près.
Je m'imagines en coursier cartésien (vous savez... le truc des automates qui passent à la fenêtre) et je me dis alors: "c'est quand même super bien fait!"
Les perspectives, les faces et leur animations, le déhanché des démarches, toutes ces infos distillées à la nanoseconde près.
mardi 6 avril 2010
Une surprise
Manon m’a déposé un paquet sur mon bureau ce matin. J’ai attendu une bonne heure avant de l’ouvrir. Je reste méfiant. MM est peuplé de sacrés spécimens humains. Enfin je crois qu’ils sont humains. Pas sur ça… Je le jurerais pas. ;)
J’ai tourné le paquet dans tout les sens. Et fallait bien me rendre à l’évidence, je n’arriverais pas à deviner ce qu’il y avait dedans sans l’ouvrir. C’est mathématique ! Alors je me suis pris un autre serré sucré. Je l’ai placé à main droite et le paquet à main gauche. J’ai commencé à déchirer le papier craft. En m’accordant des micro pauses de sirotage caféiné. Je sais pas à quoi je m’attendais : un alien boursoufflé qui m’aurait ricané à la tronche, une explosion de pixels son et lumière, une main coupée, un grand œil… je sais pas. J’ai bien mis cinq minutes à l’ouvrir ce paquet.
Finalement y avait un appareil photo dedans. Avec un petit mot de Manon: Un petit cadeau pour fêter ton arrivée chez MM. Et en dessous, en plus petit : XXXXXXXXX !
Du coup j’ai pris une longue longue gorgée de serré sucré avant de ranger le petit mot dans un tiroir.
Aujourd’hui on m’a donné quartier libre. J’ai eu tout le temps d’apprivoiser mon nouveau joujou. J’ai mitraillé. Les rues, les gens, les mots. Les mots sur la gueule des gens dans la rue.
Je me suis demandé si on m’avait pas « donné » ma journée à cause de ce que j’avais écrit sur ce blog. Après une semaine de taf chez MM je comprends toujours pas comment ils fonctionnent ici. Je sais pas si XXX a lu ce que j’ai écrit sur lui. J’imagine que oui, vu que c’est lui qui m’a demandé de le tenir ce blog. Mais il était tout sourire. Et vas y que je me colle pour signifier ma sympathie. Que je fais des blagues. Que j’expose toute ma dentition.
Je dois plus avoir l’habitude.
J’ai tourné le paquet dans tout les sens. Et fallait bien me rendre à l’évidence, je n’arriverais pas à deviner ce qu’il y avait dedans sans l’ouvrir. C’est mathématique ! Alors je me suis pris un autre serré sucré. Je l’ai placé à main droite et le paquet à main gauche. J’ai commencé à déchirer le papier craft. En m’accordant des micro pauses de sirotage caféiné. Je sais pas à quoi je m’attendais : un alien boursoufflé qui m’aurait ricané à la tronche, une explosion de pixels son et lumière, une main coupée, un grand œil… je sais pas. J’ai bien mis cinq minutes à l’ouvrir ce paquet.
Finalement y avait un appareil photo dedans. Avec un petit mot de Manon: Un petit cadeau pour fêter ton arrivée chez MM. Et en dessous, en plus petit : XXXXXXXXX !
Du coup j’ai pris une longue longue gorgée de serré sucré avant de ranger le petit mot dans un tiroir.
Aujourd’hui on m’a donné quartier libre. J’ai eu tout le temps d’apprivoiser mon nouveau joujou. J’ai mitraillé. Les rues, les gens, les mots. Les mots sur la gueule des gens dans la rue.
Je me suis demandé si on m’avait pas « donné » ma journée à cause de ce que j’avais écrit sur ce blog. Après une semaine de taf chez MM je comprends toujours pas comment ils fonctionnent ici. Je sais pas si XXX a lu ce que j’ai écrit sur lui. J’imagine que oui, vu que c’est lui qui m’a demandé de le tenir ce blog. Mais il était tout sourire. Et vas y que je me colle pour signifier ma sympathie. Que je fais des blagues. Que j’expose toute ma dentition.
Je dois plus avoir l’habitude.
vendredi 2 avril 2010
Tous les coursiers s’appellent Mathieu.
Ma première course.
Je vais raconter en vrac. Après tout c’est pas mon métier. J’étais à mon bureau, ou à la table bancale qui en tient lieu plutôt, entre la machine à café et le rideau métallique de l’entrée du dépôt, à siroter mon serré sucré. Déjà épuisé d’être là. Déjà anesthésié. Pas encore remis psychologiquement de mon expulsion du cercle infernal de l’assistanat. Quand le professeur MacGuffin m’a remis mon premier pli à livrer, en accompagnant son geste d’un enjôleur « c’est assez pressé » en insistant lourdement sur le assez, j’ai failli lâcher mon gobelet en voyant la tronche qu’il me faisait. Va falloir que je m’habitue aux diverses petites particularités physiques de mes collègues. Pour faire bonne figure, j’ai regardé le pli avec un air que j’admets bien volontiers stupide. Une simple enveloppe craft tamponnée du double MM de Mutatis Mutandis. Le professeur est allé se faire un café. On aurait dit qu’il était au ralenti. Puis il s’est assis en face de moi. Il a attendu de longues secondes avant d’ajouter quoique ce soit. Comme s’il cherchait sa réplique.
-Alors Mathieu, tu te plais ici ? A-t-il fini par lâcher. Visiblement très content de sa phrase.
-C’est Jean moi.
-Tu verras tu t’y feras… On est tous passé par là. C’est une très bonne boite, tu sais, Mutatis… Plus qu’une boite même… Ca fait cliché, je sais, mais c’est vrai qu’on est en famille ici… Ok une famille un peu spéciale… Mais une famille quand même.
Et blablabla…
Et il a continué comme ca une grosse minute. J’écoutais plus. J’essayais de lui faire comprendre qu’il me gavait en fixant bêtement l’enveloppe. Mais il a bien pris le temps de finir son speech. Il est partit en me tapant dans le dos : Allez fonce Mathieu ! On compte sur toi !
Gros con !
L’adresse était notée à part sur un post-it. Direction la Capitale. Plein Cœur.
J’ai pris le métro. Marché un peu. Jusqu’au bâtiment de verre et d’acier.
Dans le hall une jolie fille passe sa journée à attendre que des gens passent la voir. Elle vous salue, c’est dingue comment elle fait ça bien, son métier c’est de doser la juste intensité du regard, la tension adéquate des muscles de la face, la vibration forcement harmonieuse des cordes vocales.
Au moment de me présenter, j’hésite. Je suis sur le point de dire Mathieu. Je souris pour cacher mon hésitation et m’exécute : Société Mutatis Mutandis, j’ai un plis à remettre à Monsieur XXX.
Là dessus je la vois blêmir. Comme ça. D’un coup. Comme si je lui avait dit : je vais te violer. Sur ton guichet. Là. Tout de suite. En faisant une gueule de dingue en gros plan !
Elle me tend malgré tout un badge qui me permettra d’accéder aux étages.
Le Monsieur XXX en question est un gros bonhomme jovial qui parle fort. Ses yeux pétillent quand je lui remets l’enveloppe. Il a sur le front un énorme bouton dégueulasse.
Voilà c’est tout.
Je vais raconter en vrac. Après tout c’est pas mon métier. J’étais à mon bureau, ou à la table bancale qui en tient lieu plutôt, entre la machine à café et le rideau métallique de l’entrée du dépôt, à siroter mon serré sucré. Déjà épuisé d’être là. Déjà anesthésié. Pas encore remis psychologiquement de mon expulsion du cercle infernal de l’assistanat. Quand le professeur MacGuffin m’a remis mon premier pli à livrer, en accompagnant son geste d’un enjôleur « c’est assez pressé » en insistant lourdement sur le assez, j’ai failli lâcher mon gobelet en voyant la tronche qu’il me faisait. Va falloir que je m’habitue aux diverses petites particularités physiques de mes collègues. Pour faire bonne figure, j’ai regardé le pli avec un air que j’admets bien volontiers stupide. Une simple enveloppe craft tamponnée du double MM de Mutatis Mutandis. Le professeur est allé se faire un café. On aurait dit qu’il était au ralenti. Puis il s’est assis en face de moi. Il a attendu de longues secondes avant d’ajouter quoique ce soit. Comme s’il cherchait sa réplique.
-Alors Mathieu, tu te plais ici ? A-t-il fini par lâcher. Visiblement très content de sa phrase.
-C’est Jean moi.
-Tu verras tu t’y feras… On est tous passé par là. C’est une très bonne boite, tu sais, Mutatis… Plus qu’une boite même… Ca fait cliché, je sais, mais c’est vrai qu’on est en famille ici… Ok une famille un peu spéciale… Mais une famille quand même.
Et blablabla…
Et il a continué comme ca une grosse minute. J’écoutais plus. J’essayais de lui faire comprendre qu’il me gavait en fixant bêtement l’enveloppe. Mais il a bien pris le temps de finir son speech. Il est partit en me tapant dans le dos : Allez fonce Mathieu ! On compte sur toi !
Gros con !
L’adresse était notée à part sur un post-it. Direction la Capitale. Plein Cœur.
J’ai pris le métro. Marché un peu. Jusqu’au bâtiment de verre et d’acier.
Dans le hall une jolie fille passe sa journée à attendre que des gens passent la voir. Elle vous salue, c’est dingue comment elle fait ça bien, son métier c’est de doser la juste intensité du regard, la tension adéquate des muscles de la face, la vibration forcement harmonieuse des cordes vocales.
Au moment de me présenter, j’hésite. Je suis sur le point de dire Mathieu. Je souris pour cacher mon hésitation et m’exécute : Société Mutatis Mutandis, j’ai un plis à remettre à Monsieur XXX.
Là dessus je la vois blêmir. Comme ça. D’un coup. Comme si je lui avait dit : je vais te violer. Sur ton guichet. Là. Tout de suite. En faisant une gueule de dingue en gros plan !
Elle me tend malgré tout un badge qui me permettra d’accéder aux étages.
Le Monsieur XXX en question est un gros bonhomme jovial qui parle fort. Ses yeux pétillent quand je lui remets l’enveloppe. Il a sur le front un énorme bouton dégueulasse.
Voilà c’est tout.
jeudi 1 avril 2010
Qui est là?
Ben voilà… Fallait bien que ça arrive… J’ai retrouvé du boulot.
La fatalité faut croire.
Vous me direz rien ne m’obliger à accepter. Sauf que dans le cas présent, je ne pouvais pas refuser justement. C’est bien là tout le problème.
Après des années d’errances me voilà donc de nouveau réintégrer dans le beau circuit de la vie ordinaire. Salariat, courbage d’échine, fermage de gueule, ouvrage de fion et compagnie. La liberté je vous dis !
Quand j’ai reçu lundi la lettre qui me confirmait mon embauche chez Mutatis Mutandis en tant que coursier à temps plein, j’ai cru à une mauvaise blague. Un pote un peu sadique qui aurait voulu me faire payer mon « intolérable oisiveté » ;) .
Par défi j’ai appelé au numéro… Une certaine Mademoiselle Manon. Et là j’ai déchanté direct. Non seulement ce n’était pas une blague, mais en plus ils m’attendaient mardi à la première heure à l’adresse indiquée. Zone industrielle de XXX.
J’avais beau lui dire que je n’étais pas intéressé, que je n’avais même pas postulé, la DRH était formelle : je faisais dorénavant partie de MM. Et avec un mélange de fermeté et de compassion elle m’invitait à ne pas mal commencé mon CDI en arrivant en retard, et que tout le monde était impatients de faire ma connaissance, et que je me plairais beaucoup au sein de l’équipe… et blablabla… et blablabla.
Là, j’ai pas le temps d’en dire beaucoup plus. Je viens de finir ma journée et je suis claqué.
Ah si … Juste une chose… Un responsable m’a fortement conseillé de tenir un blog… Rapport au plan de communication de la boite… ??? J’étais pas franchement motivé. Mais j’ai bien senti que ce serait mal vu de dire non. Et puis il m’a assuré que j’avais carte blanche pour raconter ce que je voulais. Que c’était même fortement conseillé a t-il ajouté avec un ton de mystère… Alors… je m’exécute. Vous aurez donc la « chance » de lire à peu près régulièrement mes aventures au sein de Mutatis Mutandis.
La fatalité faut croire.
Vous me direz rien ne m’obliger à accepter. Sauf que dans le cas présent, je ne pouvais pas refuser justement. C’est bien là tout le problème.
Après des années d’errances me voilà donc de nouveau réintégrer dans le beau circuit de la vie ordinaire. Salariat, courbage d’échine, fermage de gueule, ouvrage de fion et compagnie. La liberté je vous dis !
Quand j’ai reçu lundi la lettre qui me confirmait mon embauche chez Mutatis Mutandis en tant que coursier à temps plein, j’ai cru à une mauvaise blague. Un pote un peu sadique qui aurait voulu me faire payer mon « intolérable oisiveté » ;) .
Par défi j’ai appelé au numéro… Une certaine Mademoiselle Manon. Et là j’ai déchanté direct. Non seulement ce n’était pas une blague, mais en plus ils m’attendaient mardi à la première heure à l’adresse indiquée. Zone industrielle de XXX.
J’avais beau lui dire que je n’étais pas intéressé, que je n’avais même pas postulé, la DRH était formelle : je faisais dorénavant partie de MM. Et avec un mélange de fermeté et de compassion elle m’invitait à ne pas mal commencé mon CDI en arrivant en retard, et que tout le monde était impatients de faire ma connaissance, et que je me plairais beaucoup au sein de l’équipe… et blablabla… et blablabla.
Là, j’ai pas le temps d’en dire beaucoup plus. Je viens de finir ma journée et je suis claqué.
Ah si … Juste une chose… Un responsable m’a fortement conseillé de tenir un blog… Rapport au plan de communication de la boite… ??? J’étais pas franchement motivé. Mais j’ai bien senti que ce serait mal vu de dire non. Et puis il m’a assuré que j’avais carte blanche pour raconter ce que je voulais. Que c’était même fortement conseillé a t-il ajouté avec un ton de mystère… Alors… je m’exécute. Vous aurez donc la « chance » de lire à peu près régulièrement mes aventures au sein de Mutatis Mutandis.
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