lundi 12 juillet 2010

Ce que c'est de ne pas être au courant.

Putain j’en reviens pas… Je me pointe au boulot comme chaque matin, à moitié abruti, comme il se doit. Et je trouve les portes de la boite fermées… vraiment fermées… Après une minute incrédule je me décide à sonner malgré tout à l’interphone… les secondes passent… j’attends dans la chaleur, fumant ma clope, écoutant la bande son des matinées des zones industrielles, les camions à peine sortis du sommeil, le cuicui de la faune local.
Un crachouillis… Puis…
-Allo ?
-C’est Mathieu… Le coursier, je précise.
-Oui ?
-Allo ? C’est qui ?
-Mac ?
-Je peux rentrer ?
-Direction refus entrée sortie dans locaux Mutatis Mutandis. Désolation personnelle d’impossibilité répondre favorable en votre faveur.
Je connais Mac, je sais à quoi m’en tenir.
-C’est fermé ? C’est ça ?
-Opération repos prolongé. Cher collègue. La personne de moi même souhaite votre corps reprendre consistance adéquate nécessaire reprise optimum de votre mission pour retour de votre congé.
Je le laisse parler, ces phrases, si on peut les appeler comme ça, sont longues à venir. Mais en gros j’ai compris… C’est les vacances et personne n’a crut bon de me prévenir. Je tire une latte devant l’interphone et l’œil rond de la caméra de surveillance. J’hésite à continuer la « conversation »… La colère monte. Je fixe avec tout le mépris dont je me sens capable l’œilleton. Et imaginant qu’il puisse lire sur mes lèvres je prononce en articulant bien la pire des insultes qui me vient à l’esprit.
Je n’en veux pas à Mac, comment lui en vouloir ? Ca s’adresse aux autres, à tout les autres.
Je me casse.
Faudra que je m’excuse auprès de Mac après les vacances.