lundi 6 septembre 2010

Rentrons, braves gens!

Voilà, c’est reparti.
Trente mètres avant d’arriver, j’ai ralenti le pas. Les rues de la zone industrielle étaient encore vides à cette heure là. Les bâtiments de MM, la MMaison comme certains l’appellent, se distinguaient toujours des immeubles voisins par ses formes bizarres, son architecture éclatée. Moi, j'y vois une immense boursoufflure de verre et d’acier au milieu des blocs uniformes. C'est comme avec les nuages des amoureux, chacun peut y voir ce qu’il veut. Une fleur mutante poussant sur le béton, l’organe devenu autonome de quelque géant disparu, le palais buggé d’une lignée de rois timbrés… enfin… ce qu’on veut. Une chose de sûre, MM n’a pas disparu à la suite d’une explosion atomique, d’une faille spatio-temporelle, d’une délocalisation sauvage…
De loin, je pouvais voir les grilles ouvertes, les voitures garées entre les lignes jaunes, la porte de l’entrepôt levée, et dans son cadre, un collègue passant gobelet à la main. J’ai ralenti encore.
J’étais presque immobile quand le prof MacGuffin me doubla en klaxonnant.
-Content de te revoir Mathieu, dit-il par la fenêtre de sa caisse. Puisse cette nouvelle année te voir évoluer.
Je le saluais de la main et lâchais : Â toute de suite.
On s’est tous dit qu’on était content de se revoir, serrés autour de la machine à café. On a cité des pays dans lesquels on avait bien profiter : Espagne, Maroc, Thaïlande, Etats-Unis, Turquie, Italie… Ceux qui ne citaient pas de pays écoutaient les autres.
Puis le groupe s’est éparpillé, chacun retrouvant son bureau. Il y aurait une réunion plus tard dans la matinée.
Sur mon bureau, s’accumulaient déjà une série d’enveloppes à livrer, grandes et petites, tamponnées urgent ou pas, des petites boites en plastique, étiquetées, marquées du double M. Voilà, c’était bien reparti.
Entre deux courses, j’ai croisé Manon, elle était toute bronzée et m’a parut s’être "calmée". L’effet du soleil ibérique ? Nous nous sommes salué de loin, pas plus. Les derniers épisodes de notre "relation" sont encore bien présent dans ma mémoire et il me faudra du temps pour pouvoir la regarder et lui parler sans penser à ce fameux petit mot… C’est surement débile, l’humour qu’on pratique à MM n’est pas le même que dans le reste du monde, faut croire. Ce serait pas étonnant. Ca doit être aussi simple que ça. Je ferais un effort.
La réunion a eu lieu dans les bureaux de MacGuffin. Par groupe de 5 ou 6. Il a parlé de communication, que MM passait à la vitesse supérieure, qu’il comptait sur chacun de nous pour donner le meilleur de lui même. Des banalités, rien de super précis, mais il l’a dit avec une telle passion que ca faisait presque flipper.
Heureusement j'avais à faire, je me suis éclipsé. Sans avoir besoin de revenir…